Voyage « express ». Beau temps sur tout le parcours. Débarquement, douane, récupération des bagages en 25 mn. Arrivés au village en fin d’après-midi, on partage la soirée avec Gigi et Hélène, nos aides de camp. La petite laine et le pantalon sont de rigueur ainsi qu’un plaid pour la nuit.

Le lendemain matin, on commence par le rangement des valises. Comme nous ne sommes que deux sur cette mission, on s’étale dans toutes les chambres. Puis les Michel² partent prospecter dans les boutiques et en reviennent avec les différents prix (du riz et des denrées), lesquels vont nous servir pour passer commande en vue de la mise en place de deux après-midis de distribution.

Puis programmation de l’emploi du temps des jours à venir ; le planning est très serré car nous sommes mercredi et les enfants sont en vacances dès le jeudi soir et pendant toute la durée de notre séjour.

Le jeudi matin, nous décidons d’aller distribuer dans toutes les écoles les calendriers 2026 que nous n’avions pas en novembre dernier. Les visites s’enchaînent au pas de course : CEM, jardin d’enfants, école Ste Bernadette, lycée et en dernier Foua-Loul.

Nous déjeunons à l’heure hispano-sénégalaise : 14h30. L’après-midi est consacré au calcul des quantités de sacs de riz et des denrées qu’il faut acheter pour la première distribution du samedi. Puis, commence le tour des boutiques pour effectuer les achats car, étant donné les quantités requises, aucun boutiquier ne dispose du stock nécessaire. En fin d’après-midi, l’électricité, qui était coupée depuis 9 h du matin, revient enfin. Bonne nouvelle, surtout pour le réfrigérateur.

Michel Gigi commence à appeler les 44 familles de Nguéniène qui sont sur la liste de distribution du riz et leur donne rendez-vous pour le samedi après-midi à 15 h.

Vendredi matin, direction Joal pour s’approvisionner en poisson et aller à la banque où nous allons attendre près d’une heure ! Comme ils disent : vous avez la montre… on a le temps !

L’après-midi, poursuite de l’achat des denrées pour le samedi.

Le samedi matin, les Michel² vont acheter les sacs de riz prévus pour l’après-midi, les font livrer chez Michel Gigi. La distribution commence à l’heure. Mais très vite, la fréquentation s’étiole et nous sommes dans l’obligation de rappeler beaucoup, trop, de familles pour leur rappeler qu’un sac de riz les attend. Les excuses sont invariablement les mêmes : oubli, mariage, baptême, funérailles, absence pour déplacement. On termine vers 19 h avec une dizaine de sacs et autant de denrées, non distribués.

Le dimanche est jour de pose, Michel Gigi n’étant pas disponible. Pour nous, ce sera donc : comptabilité tri des photos, visite de quelques filleuls.

Dès le lundi matin, on recommence la ronde des boutiques pour la seconde distribution de l’après-midi. Aujourd’hui, sont convoquées les familles de la brousse qui sont beaucoup plus disciplinées et fidèles au rendez-vous. Encore une fois, nous terminons à 19 h après avoir encore rappelé et attendu certaines familles de Nguéniène qui devaient se présenter le jeudi.

Le mardi, direction Joal à nouveau ; cette fois-ci pour récupérer les sacs à dos à distribuer à la rentrée 2026. L’après-midi, livraison des rares sacs de riz que l’on avait gardés au profit de certaines familles qui ne pouvaient pas se déplacer (personnes trop âgées ou n’ayant pas de charrette, femme isolée…).

Aujourd’hui, la chaleur est revenue d’un coup et avec elle le vent. Un vent chaud, fou, qui envahit tout. On peut même voir des dépôts à la surface de nos verres que l’on couvre entre chaque gorgée.

Des tourbillons obscurcissent l’horizon. Il fait 45° à 16 h et encore 41° à 19 h.

Il y a 3 jours, nous devions porter petit gilet et pantalon et user du plaid la nuit et maintenant, on suffoque. Une seule constante : le vent. Il y a peu, il était froid et maintenant, il est brûlant.

Les corps sont soumis à rude épreuve d’autant plus que les nuits sont courtes, entrecoupées du braiement des ânes, des combats de chats sous nos fenêtres, des appels à la prière sur haut-parleurs émanant des mosquées environnantes dès 5 h.

Ce mercredi matin, l’atmosphère est particulière ; le ciel est laiteux, le vent est toujours présent. La sensation est bizarre, comme si l’on était dans de la ouate. Les bruits du marché, pourtant très proche, ne nous parviennent pas ; et pourtant, selon Hélène, elle n’y a jamais vu autant de monde, ni autant de charrettes garées juste à côté de notre logement.

Nous allons passer la quasi-totalité de la journée enfermés dans la chambre, quelque peu à l’abri de la poussière mais pas de la chaleur étouffante. Les portes et les fenêtres n’ont pas de vitres et le vent s’engouffre partout !

Le soir arrive et l’heure tant attendue de la douche avec. Mais, pour pimenter un peu notre quotidien si « morose », il n’y a plus d’eau à la cuisine, ni à la salle de bains.

Alors que la chaleur est revenue depuis 5 jours, ramenant avec elle une cohorte de moustiques, que le vent et la poussière n’ont pas laissé leur place, c’est l’eau qui s’en est allée…

Quel est le comble dans cette histoire ? Nous avons financé le forage de près de 25 puits, le raccordement d’une dizaine de robinets dans les villages, et, pour l’heure, nous sommes les seuls à ne pas avoir d’eau au village parce que nous sommes en bout de réseau.

Les Michel² partent donc chez Gigi avec des bidons pour faire le plein au robinet. Ce soir, la douche sera fraîche car les bidons n’auront pas eu le temps de chauffer dans la cour.

La toilette terminée, on s’installe pour se réhydrater, on refait le monde et vers 20 h, brusquement, le vent tombe brusquement et la douceur s’installe. On profite à fond de cette parenthèse enchantée. La soirée s’écoule, paisible : repas frugal, rédaction du compte-rendu, écoute du chant des cigales et des bruits de la nuit.

La fin du séjour approche et les activités commencent à se raréfier. On livre le dernier sac de riz dans une famille très défavorisée qui compte 4 enfants. Pour eux, c’est le jackpot ; riz, denrées et don des
4 dernières poches de vêtements.

Au final, ce sont 80 sacs de riz, soit 4 tonnes, qui ont été distribués et des dizaines de kilos de sucre, de pots de tomate, de pâte à tartiner au chocolat pour les enfants, de produits ménagers… au profit de 85 familles de filleuls, de 5 familles de nécessiteux et du centre des handicapés.

Maintenant, il faut vraiment bien cibler ce qu’il nous reste à faire car nous sommes à l’aube du week-end pascal et chacun se prépare pour la fête. Plus rien n’a d’importance et les activités seront au point mort.

Il fait vraiment très chaud, entre 41° au mieux et 45° et l’absence d’eau qui perdure n’est pas facile à gérer. D’autant plus que maintenant, c’est le village entier qui n’a plus d’eau.

Quelle est la raison de cette coupure ? Mystère. Les gens constatent mais ne posent pas de questions. C’est comme ça !

De fait, Michel, le trésorier, et Hélène vont remplir 9 bidons au puits du quartier.

Samedi, veille de Pâques. Nous allons dans la famille de Michel Gigi, saluer les femmes, chrétiennes et musulmanes, qui préparent ensemble les repas de ce week-end pascal. Mais surtout le fameux ngalakh. Mais qu’est-ce donc ? C’est un plat préparé par les femmes chrétiennes qu’elles offrent aux voisins et surtout à la communauté musulmane symbolisant ainsi le partage et l’unité entre les deux communautés. Il est composé de pâte d’arachide, de poudre de pain de singe, de semoule de mil, de beaucoup de sucre, de vanille, de fleur d’oranger, de noix de coco râpée et de raisins secs. Les Sénégalais en sont très friands.

Le dimanche de Pâques, tout est calme. Les uns sont à la messe, les autres vaquent à leurs occupations. Quelques filleuls nous rendent visite, dont l’une de nos premières filleules qui nous présente son petit garçon d’un an. Vers 16 h, pour nous l’heure du goûter, des repas cadeaux arrivent, offerts par 2 familles différentes : salade, crudités, œufs durs, frites froides, poulet grillé et sauce oignons très relevée !!!

Dernière journée au village : est-il possible qu’il fasse encore plus chaud que les jours précédents ? On suffoque littéralement.

On prépare les valises, les stocks sont déjà enregistrés dans l’ordinateur, les comptes sont à jour. On fait le point avec Michel Gigi et avec Hélène. On range un maximum dans le logement.

Jour du départ : lever aux aurores, toilette de chat car l’eau n’est toujours pas revenue depuis une semaine, on démonte la moustiquaire, on range tout dans la chambre. Il ne restait que ça à faire. Le chauffeur est là à 8h. On charge la voiture et on embarque pour l’aéroport. Retour égal à l’aller, tout est fluide.

Encore une mission terminée, laquelle a été intense. S’acquitter de toutes les tâches, organiser, faire les comptes, le compte-rendu quotidien, gérer les imprévus, les contretemps à deux, c’est du non-stop.

Et dire qu’il en est pour nous souhaiter de bonnes vacances lorsque nous partons !